#15 Doson Bijoux

Nous avons rencontré pour vous Jeanne & Camille, les créatrices de la marque de bijoux faits main à Paris, Doson Bijoux. Attablées autour d’un café au lait, elles nous ont raconté leur parcours, les étapes de la création de Doson  et leurs envies pour le futur.

Cocktail Brut : Hello les filles, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ? Quel est votre parcours ?

Jeanne : J’ai grandis en Province et j’ai fait une école de mode une fois arrivée à Paris qui s’appelle LISAA et ensuite j’ai travaillé pendant environ un an pour une marque de bijoux et de vêtements où j’ai rencontré Camille. Ensuite je suis partie vivre à Montréal où j’ai travaillé pour une marque de cachemire et où je suis restée plus d’un an. Après cette période, je suis rentrée à Paris et avec Camille, on avait cette envie de monter quelque chose ensemble. On a donc commencé à faire du montage pour des marques et ensuite on a créé notre marque à nous.

Camille : Moi à la base, j’étais à la Sorbonne en philo & en histoire. J’ai ensuite démarché pour trouver un stage puis on m’a embauché en alternance et j’ai fait la Chambre Syndicale ! J’y suis restée 4 ans puis Jeanne est rentrée de son séjour à Montréal. On avait gardé contact lorsqu’elle y était et nous nous sommes retrouvées !

Cocktail Brut : Et qu’est ce qui vous a poussé à vous lancer ensemble ?

Jeanne : Je pense qu’on avait une très bonne complémentarité, on s’entendait super bien et on aimait beaucoup de choses en commun. On a passé beaucoup de temps ensemble donc je pense que ça nous a rapproché sur nos goûts, notre façon de vivre. Mais au début, ce n’était pas dit qu’on allait créer notre marque. C’était surtout pour arrondir nos fins de mois et finalement, on ne s’est plus jamais arrêtées !

Camille : Oui, on faisait des bijoux déjà dans l’entreprise où on s’est rencontrées.

Jeanne : C’est là-bas qu’on a appris à fabriquer des bijoux. Après on faisait du montage pour des marques françaises, on nous fournissait le matériel, on s’occupait de la production de certains modèles. Petit à petit, on a commencé à faire nos propres créations.

Camille : Après avoir donné beaucoup de nos idées à d’autres marques, c’est fini, maintenant on se concentre uniquement sur le développement de Doson.

Cocktail Brut : Est-ce que vous considérez que vous travaillez en duo ? L’une sans l’autre ça ne serait pas possible ?

Jeanne : Non, clairement. Le but c’est que l’on soit toutes les deux !

Camille : Oui, c’était toutes les deux, sinon on ne le faisait pas.

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Cocktail Brut : À quel moment vous est vraiment venu l’envie de créer Doson ?

Jeanne : En faisant toutes les brocantes de Paris le week-end en vendant nos propres bijoux, c’est comme ça qu’on a décidé de créer notre marque et notre identité petit à petit.

Camille : Oui, ça nous a permis d’économiser pas mal d’argent et donc d’avoir la boutique.

Jeanne : Pendant deux-trois ans on a vraiment enchaîné les brocantes de Paris. On avait un petit stand, deux mètres carré, une table, la semaine on faisait du stock qu’on vendait pendant le week-end. De cette façon, on s’est construit une clientèle qui nous a permis d’avancer.

Cocktail Brut : Et cette clientèle vous a suivi ?

Jeanne : Oui, maintenant elle vient à la boutique. C’est vraiment ce qui a lancé la marque. On a aussi fait des ventes privées, on louait des espaces et ça nous a permis de créer un assez gros réseaux avant d’ouvrir notre boutique.

Cocktail Brut : Et le nom Doson (prononcé à la française !), d’où est-ce que ça vient ?

Jeanne : On était sûres que t’allait nous poser cette question ! On aimait bien la sonorité, on voulait un nom dont on ne se lasse pas, qui ne soit pas trop ringard et pas de prénom type Camille & Jeanne. Ca n’a pas forcément de sens.

Cocktail Brut : Vous pourriez me décrire un peu votre univers ?

Jeanne : C’est difficile de mettre des mots dessus, on a tellement la tête dedans...

Camille : C’est intemporel et on met un point d’honneur à ce que ce soit de bonne qualité.

Jeanne : L’idée, c’est vraiment de fabriquer tout nous-mêmes et de proposer des nouveautés toutes les semaines.

Camille : On fait vraiment des bijoux qu’on aimerait porter.

Cocktail Brut :  Comment se passe votre démarche créative ? Vous faites des recherches avant ?

Jeanne : Ça dépend des jours.

Camille : Soit on fait des recherches, soit on va chercher des matières et ça nous inspire. On cherche aussi des pierres.

Jeanne : Oui, c’est vraiment en bricolant les matières qu’on arrive à des idées qui nous font arriver à d’autres idées.

Cocktail Brut : Vous avez des inspirations particulières (cinématographiques, architectures, etc..)

Jeanne : C’est assez compliqué de faire le lien comme ça. Au final, je pense que tout nous inspire, tout ce qu’on regarde et voit doit nous inspirer d’une manière ou d’une autre. On est plutôt spontanées, on fait ça selon nos envies, selon notre matériel trouvé et nos humeurs du jour. Certaines semaines, on est bien plus inspirées que d’autres.

Cocktail Brut : Quelles ont été vos meilleurs moment depuis que vous avez commencé à travailler ensemble ?

Jeanne : Pour moi, les brocantes ont vraiment été de très bons moments. Ce sentiment hyper satisfaisant de voir que nos bijoux plaisaient, que ça pouvait peut-être découler sur un projet.

Camille : Et avoir la boutique aussi ! À la fin, les brocantes c’était assez fatiguant.

Jeanne : Oui, on ne le referait pas aujourd’hui ! On a fait ça pendant presque 3 ans. Le fait d’avoir une boutique, ça fait souffler. Et ça donne de l’importance à notre marque.

Camille : C’est vrai, à Noël cette année on a vraiment bien marché. On a vraiment vu que tous nos clients venaient faire leurs cadeaux chez nous.

Cocktail Brut : Et le pire moment que vous ayez vécu depuis le début ?

Camille : On a perdu une commande qu’on s’est faite voler par la Poste avec 500 ou 600 bijoux qu’on avait mis deux mois à faire. On a donc pas été payées ni été remboursées ! Et puis on a aussi eu des mauvaises expériences de partage de boutique.

Cocktail Brut : Et ce qui l’emporte aujourd’hui, c’est le positif ?

Jeanne : Ah oui, sinon on te laisse la boutique ! Il y a eu dix fois plus de bons moments que de mauvais moments. En réalité, il y a plus eu des aléas de travail que de vrais coups durs.

Camille : Oui, et puis on a appris. Au début, on faisait confiance à tout le monde, on ne se méfiait pas mais ça a bien changé.

Cocktail Brut : Vous vous voyez où dans 5 ans ?

Jeanne : Je pense qu’on aura évoluer. J’espère qu’on se sera plus développer. Peut-être qu’on aura plus d’employéS, et puis un local en plus ça serait bien. On voudrait développer notre marque à nous. Avoir un atelier, une autre boutique quelque part !

Cocktail Brut : Et dans l’immédiat, vous êtes sur quels projets ?

Jeanne : Un site internet ! Et des travaux d’aménagement dans la boutique.

Cocktail Brut : Est-ce qu’il y a quelque chose que vous voudriez ajouter ?

Camille : Oui, simplement qu’on est une marque de bijoux très abordable et que ça nous tient à coeur. On fabrique à la main, on fait tout nous-mêmes, tout est doré à Paris. On veut juste dire qu’on prend pas nos clients pour des imbéciles et c’est notre point d’honneur : faire quelque chose de joli, de bonne qualité et avec une marge raisonnable ! (On a pas envie de ressembler à ces créatrices qui vont faire leur étude de prix chez Merci et qui se dise “Ah bah, je vais faire les mêmes prix”.

Camille : Oui, et nous on ne compte pas forcément dans notre prix notre temps passé à se déplacer chez le doreur etc..

Jeanne : Le but, c’est de pouvoir se faire plaisir, que ce soit de la bonne qualité et que nos clientes reviennent.

Camille : Et c’est le cas d’ailleurs.

Jeanne : Oui, et on est je crois les seules à proposer de redorer les bijoux. C’est très important, ce n’est pas parce qu’une cliente achète un bijoux fantaisie qu’elle n’a pas envie de le porter longtemps. Le suivi et le service après-vente sont très importants.

Cocktail Brut : Et vous auriez envie de travailler sur des collections plus haut-de-gamme ?

Camille : Oui, pourquoi pas une ligne plus chère en or, et pourquoi pas développer également quelques pièces plus fortes avec des techniques de moulage.


Cocktail Brut : Et de quoi vous avez envie pour Doson maintenant ?

Jeanne : Avoir une stagiaire ça serait bien (quand on aura la place !). L’idée c’est qu’on se dégage un peu de temps, ça serait bien qu’on ait quelqu’un qui nous aide produire, surtout que le rythme s’accélère de plus en plus !

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